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jeudi 30 mai 2013

Quo Vadis

Ce roman, même s'il n'a plus pour moi l'émerveillement et l'admiration de mes 12 ans,ainsi que la dureté de certains passages m'avaient heurtée, est toujours aussi bien écrit, sans fausse notes, et le cynisme de Pétrone en fait un des meilleurs personnages de Roman.
Voici des extraits en rapport à son suicide, la fin d'une époque et d'une civilisation, selon Sienkiewicz, qui cède le pas à celle d'une nouvelle religion, même si le lyrisme l'emporte sur l'Histoire, les passages sont beaux:


Lettre de Pétrone à Vinicius, chapitre LXXIII:

« Et quand même j’aurais le désir de te suivre là où tu veux me conduire, cela m’est impossible. Non pas que je ne le veuille pas : je te le répète, je ne le puis pas. Tu crois, comme Paul de Tarse, qu’un jour, par-delà le Styx, dans de vagues Champs Élyséens, vous verrez votre Christ. Fort bien ! Qu’il te dise lui-même, ton Christ, s’il m’eût reçu, moi, avec mes gemmes, mon vase de Myrrhène, mes éditions des Sosius, et ma belle aux cheveux d’or. Cette seule pensée, mon cher, me donne envie de rire. Votre Paul de Tarse m’a expliqué que, pour le Christ, on devait renoncer même aux couronnes de roses, aux festins et à la volupté. Il me promettait, il est vrai, un autre bonheur en échange, mais je lui ai répondu que pour cet autre bonheur j’étais trop vieux, que mes yeux se délecteraient toujours à la vue des roses, et que l’odeur des violettes me serait toujours infiniment plus agréable que celle de mon malpropre « prochain » de Suburre.
« Voilà les raisons pour lesquelles votre bonheur n’est point fait pour moi. Et puis, je t’ai gardé pour la fin la raison décisive : Thanatos me réclame ! Pour vous, l’aube de la vie commence à peine. Pour moi, le soleil s’est couché, et déjà le crépuscule m’environne. Autrement dit, carissime : il faut que je meure.
« Inutile d’insister là-dessus. C’est ainsi que cela devait finir. Tu connais Ahénobarbe et tu comprendras aisément. Tigellin m’a vaincu. Ou plutôt non ! Ce sont simplement mes victoires qui touchent à leur fin. Ayant vécu comme j’ai voulu, je mourrai comme il me plaira.
« Ne prenez point cela trop à cœur. Aucun dieu ne m’a promis l’immortalité, et ce qui m’arrive n’est point chose imprévue. Toi, Vinicius, tu es dans l’erreur en affirmant que seul votre dieu apprend à mourir avec calme. Non ! notre monde savait, avant vous, que, la dernière coupe vidée, il était temps de disparaître, de rentrer dans l’ombre, et notre monde sait encore le faire en beauté. Platon affirme que la vertu est une musique, et la vie du sage une harmonie. Et ainsi, j’aurai vécu et je mourrai vertueux."

Lettre de Pétrone à César, Chapitre LXXIV:

« Je sais, ô César, que tu m’attends avec impatience et que, dans la fidélité de ton cœur, tu te languis de moi jour et nuit. Je sais que tu me couvrirais de tes faveurs, que tu m’offrirais d’être préfet de tes prétoriens, et que tu ordonnerais à Tigellin de devenir ce que les dieux ont voulu le faire : gardien de mulets dans celles de tes terres dont tu héritas quand tu eus empoisonné Domitia. Mais, hélas ! il faudra m’excuser. Par le Hadès, c’est-à-dire par les mânes de ta mère, de ta femme, de ton frère et de Sénèque, je te jure qu’il m’est impossible de me rendre auprès de toi. La vie est un trésor, mon cher, et je me flatte d’avoir su extraire de ce trésor les plus précieux bijoux. Mais, dans la vie, il est des choses que je m’avoue incapable de supporter plus longtemps. Oh ! ne crois pas, je t’en prie, que je sois indigné de ce que tu as tué ta mère, ta femme, ton frère, brûlé Rome et expédié dans l’Érèbe tous les honnêtes gens de ton empire ! Non ! petit-fils de Chronos ! La mort est la destinée de l’homme, et l’on ne pouvait, d’ailleurs, attendre de toi d’autres actes. Mais, de longues années encore, me laisser écorcher les oreilles par ton chant, voir ton ventre domitien sur tes jambes grêles se trémousser en la danse pyrrhique, entendre tes déclamations, tes poèmes, pauvre poète des faubourgs, voilà ce qui est au-dessus de mes forces et m’a fait désirer la mort. Rome se bouche les oreilles, l’univers te couvre de risées. Et moi, je ne veux plus, je ne peux plus rougir pour toi. Le hurlement de Cerbère, même semblable à ton chant, mon ami, m’affligerait moins, car je n’ai jamais été l’ami de Cerbère, et n’ai point le devoir d’être honteux de sa voix. Porte-toi bien, mais laisse là le chant ; tue, mais ne fais plus de vers ; empoisonne, mais cesse de danser ; incendie des villes, mais abandonne la cithare. Tel est le dernier souhait et le très amical conseil que t’envoie l’Arbitre des élégances. »

Fin du Chapitre LXXIV:

"Lui, fit signe aux musiciens, et de nouveau tintèrent les cithares et résonnèrent les voix. On chanta l’Harmodios. Puis vint l’hymne d’Anacréon, où le poète se plaint d’avoir trouvé sous sa porte l’enfant transi et éploré d’Aphrodite. Après qu’il l’eut réchauffé, qu’il eut séché ses ailes, l’ingrat lui avait percé le cœur d’une de ses flèches. Et depuis lors, le calme avait fui son esprit…
Se soutenant mutuellement, divinement beaux, souriant et pâlissant, tous deux écoutaient.
L’hymne achevé, Pétrone fit offrir à nouveau les vins et les mets. Puis il se mit à deviser avec ses voisins de ces mille riens puérils et charmants, en usage dans les festins. Enfin, il appela le Grec et se fit attacher l’artère, disant qu’il se sentait pris de sommeil et voulait encore s’abandonner à Hypnos, avant que Thanatos l’endormît pour jamais.
Il s’assoupit. Quand il se réveilla, la tête d’Eunice reposait sur sa poitrine, telle une fleur blanche. Il la déposa sur le coussin pour la contempler encore. Et, de nouveau, il se fit ouvrir les veines.
Les chanteurs entonnèrent un autre hymne d’Anacréon, tandis que les cithares accompagnaient en sourdine, afin de ne point couvrir les paroles. Pétrone pâlissait de plus en plus. Quand se fut évanouie la dernière harmonie, il se tourna vers les invités :
– Amis, convenez que périt avec nous…
Il ne put finir. D’un geste suprême, son bras enlaça Eunice, et sa tête roula sur l’oreiller. Il était mort.
Mais les convives, devant ces deux formes blanches, semblables à deux statues idéales, sentirent que périssait l’unique apanage du monde romain : sa poésie et sa beauté."

mercredi 6 mars 2013

Aragon, pour un 8 Mars

Une poésie d'amour fou, intemporelle, magnifique et qui semble encore si somptueux par son caractère intimiste et la volupté des mots, qui invite presque à transcender l'humain pour ce supplément d'âme qu'on cherche toujours à toucher, juste pour une femme, cette femme, la Femme: l'absolu féminin.
En hommage au 8 Mars:


Les Yeux d'Elsa

Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa



































mardi 26 février 2013

Olympia, rouge de plaisir. | Pensez Bibi

 Un extrait de: Olympia, rouge de plaisir. | Pensez Bibi

Sur son blog,  Georges Didi-Huberman, historien de l’Art, pose un regard sur l’ de qu’on peut admirer au Musée d’Orsay. Il aura fallu attendre plus de trente ans pour que les cuisses olympiennes s’ouvrent, pour que ses yeux se ferment et que les peintres-hommes rougissent enfin son visage de plaisir.
Voici le remarquable morceau de bravoure de Didi-Huberman que je reprends in-extenso (en espérant que l’historien de l’Art ne m’en voudra pas…)
OLYMPIA, HORIZON D’ATTENTE
« Chacun garde en mémoire, chez Manet, la fameuse et la belle indifférence d’OlympiaSon corps désirable, nu mais fermé, étrangement blafard. Corps fermé, aussi, parce qu’il nous est montré de profil ou à peu près, avec cette main extraordinaire d’intensité – raccourci saisissant, contraste puissant, trait qui creuse la chair – posée sur le bas-ventre. Tout ce qui est peint frontalement appelle le mystère : le visage indéchiffrable d’Olympia, celui de la femme noire complice de cette indéchiffrabilité même et, bien sûr, le regard du chat. Il y a aussi les fleurs : ce bouquet, ce décor coloré de pétales, de calices, de pistils ou, pour tout dire, ce bouquet d’organes sexuels qui osent même se déverser, par contagion figurale, sur la soie beige où repose le beau corps......

samedi 22 décembre 2012

Neige

Les vases ont des fleurs de givre,
Sous la charmille aux blancs réseaux ;
Et sur la neige on voit se suivre
Les pas étoilés des oiseaux.

Théophile Gauthier 
Emaux et Camées
Peinture originale de l'Oiseau Bleu

jeudi 20 décembre 2012

L'amour est un oiseau

Un extrait de l'oeuvre de Chawqi Abi Chaqra , poète libanais du XXème siècle, illustré par Folon.


Un oiseau
L’amour est un oiseau
Que tu as porté dans la forêt à travers la conscience
Tu as lavé ses griffes dans ton âge,
Secoué son bec, sa petite tête
Et ses cheveux fins comme le silence.
Tu as pensé : « Peut-être méconnaîtrai-je ses voyages »


Tu as voulu le chasser par la fenêtre
Vers l’immensité du temps
Mais, endormi dans tes yeux,
Il s’est déshabillé
Et il ne vole plus.






mardi 18 décembre 2012

Dai Sijie : Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise

C'est une histoire trouble, que nous compte cet auteur, une histoire qui est posée là, sans fioriture, sans même un jugement.
Elle parle de ceux qui furent amenés à la montagne par le régime communiste de Mao pour les rééduquer, du manque d'empathie des villageois, du contraste entre la vie d'avant, celle des lettrés, des artistes et celle d'esclaves à disposition de montagnards vivant dans un monde ancien et immuable, où on n'a guère le temps d'avoir le luxe de faire son intellectuel.
La trame de l'histoire est cruelle, la narration est simple, les images sont brutales et parfois, des touches poétiques nous renvoient à autre chose qu'un témoignage, auquel on finit par croire.

Mais ce qui est absolument incroyable dans ce livre, c'est que personne n'est jugé moralement, on expose des faits et des impressions parfois intimes, souvent décalées, comme si le personnage voyait le film de sa vie sans arriver à en faire vraiment partie. On en ressort juste un peu plus tolérant, sur le phénomène de la rééducation à la chinoise. Tous semblent être des pions sur un échiquier immense, un pays démesuré, la Chine, un empire qui se cherchait dans les souffrances, les outrances, un temps .pas si lointain et pourtant si peu proche de la Chine actuelle:
Ceci est un extrait d'un résumé trouvé sur ce site

"Le Binoclard était notre ami. Sa famille habitait la ville où travaillaient nos parents ; son père était écrivain, et sa mère, poétesse. Récemment disgraciés tous les deux par les autorités, ils laissaient " trois chances sur mille " à leur fils bien-aimé, ni plus ni moins que Luo et moi.
Chez lui nous découvrîmes une valise élégante, en peau usée mais délicate. Une valise de laquelle émanait une lointaine odeur de civilisation. Nous supposions qu'il cachait là dedans des livres.
A l'âge où nous avions su lire couramment, il n'y avait déjà plus rien à lire. Tous les livres occidentaux étaient partis en fumée. Confisqués par les Gardes rouges, ils avaient été brûlés en public, sans aucune pitié. Un jour Luo et moi aidâmes le Binoclard, qui avait égaré ses lunettes, à transporter les soixante kilos de riz jusqu'à l'entreprise. Nous étions morts de fatigue. A notre retour, le Binoclard nous passa un livre, mince, usé, un livre de Balzac. Un choix dont la raison nous resta obscure, et qui bouleversa notre vie dans la montagne du Phénix du Ciel. Ce petit livre s'appelait Ursule Mirouët.
Et brusquement, comme un intrus ce livre me parla de l'éveil du désir, des élans, des pulsions, de l'amour, de toutes ces choses sur lesquelles le monde était, pour moi, jusqu'alors demeuré muet. Malgré l'ignorance totale de ce pays nommé la France, l'histoire d'Ursule me parut aussi vraie que celle de mes voisins.
Luo n'était pas encore rentré. Je me doutais qu'il s'était précipité dès le matin sur le sentier, pour se rendre chez la Petite Tailleuse et lui raconter cette jolie histoire de Balzac. J'imaginai comment Luo lui racontait l'histoire, et je me sentis soudain envahi par un sentiment de jalousie, amer, dévorant, inconnu.
Je décidai de copier mot à mot mes pages préférées d'Ursule Mirouet. Comme je n'avais pas de papier, je les copiais directement sur la peau de mouton de ma veste.
La lecture de Balzac avait métamorphosé la Petite Tailleuse. Un jour de repos, Luo emprunta ma veste de peau pour aller la retrouver sur le lieu de leurs rendez-vous, le ginkgo de la vallée de l'amour. " Après que je lui ai lu le texte de Balzac mot à mot, me raconta-t-il, elle a pris la veste, et l'a relu toute seule, en silence. On n'entendait que les feuilles grelotter au-dessus de nous, et un torrent lointain couler quelque part. A la fin de sa lecture, elle est restée la bouche ouverte, immobile, ta veste au creux des mains, à la manière de ces croyants qui portent un objet sacré entre leurs paumes ".
   

lundi 10 décembre 2012

Ecrire, ce n'est pas Le Da Vinci Code

Si vous avez envie d'écrire, que ce soit sur Internet ou autre, une des leçons que j'ai apprises est qu'il ne faut surtout pas vouloir à tout prix se prendre pour un auteur qui manierait le style à la perfection. Déjà, vous ne vous adresseriez qu'à des esprits tristes, persuadés de leur haute valeur, et votre message, vos idées, votre univers ressembleraient plus à un labyrinthe tortueux, lourd et compréhensible comme un texte d'initié des francs-maçons...

S'il est une chose que l'on peut mettre au crédit de Dan Brown, c'est que son style d'écriture est accessible, au contraire de son intrigue. Vous voyez là où je me permettais de vous amener. Avoir l'impression de décrypter le code sur la Joconde lorsqu'on a envie de se relaxer en lisant un texte agréable ou intéressant, cela lasse vite.

N'ayez pas peur des fautes d'inattention, car vous en ferez toujours, et même les grands écrivains n'en sont pas exempts. On peut en trouver plusieurs exemples.

Ne craignez pas d'innover, de créer des nouveaux mots: le français est vivant, il a besoin de se renouveler. Pour mémoire, on ne peut plus lire facilement des auteurs du XVIème siècle, Rabelais en est une preuve.

Et surtout, n'hésitez pas à répéter un mot lorsqu'il vous parait juste et bien adapté. Car à vouloir trop broder pour éviter une hypothétique lourdeur, c'est à ce point-là que vous pourriez devenir incompréhensible ou ridicule...
Je vous laisse avec un auteur, dont le style m'a beaucoup inspirée pour la rédaction de mon livre "Le Soleil se couche à l'Ouest":
Deux extraits de son oeuvre parlent d'eux-même. Bien sûr qu'on pourrait lui reprocher d'être redondant et lourd mais vu le niveau et la renommée de cet écrivain, qui fut aussi philosophe et mathématicien, cela ne pourra que prêter à sourire:     

 "Quand, dans un discours, se trouvent des mots répétés, et qu'essayant de les corriger, on les trouve si propres, qu'on gâterait le discours, il les faut laisser"


"Justice, force.

Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.

La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique.

La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n'a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle était injuste, et a dit que c'était elle qui était juste.

Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste."
Pascal, Pensées (1627)

dimanche 9 décembre 2012

Ravage

René Barjavel est un grand auteur, assez méconnu de nos jours. Il a peint dans Ravage un monde technologique soudainement en panne. Du jour ou lendemain, plus rien ne marche.
Les distances et les lieux s'agrandissent.

samedi 8 décembre 2012

Humiliés et offensés

Aujourd'hui, je vous présente un extrait d'un auteur qu'on connait mal et qui est synonyme, trop souvent, et injustement, de lecture difficile et hardue.
L'extrait se passe au XIXème siècle. Dans une ville sale et pourtant belle, qui est encore un joyau, qui se visite comme une perle sous la neige en hiver, des drames se nouent:

jeudi 6 décembre 2012

Mille soleils splendides

Un des meilleurs livres que j'ai lu depuis longtemps: 
A dévorer sans modération.
Le portrait des héroïnes est magnifique.

"Il y avait tant de choses auxquelles elle aspirait à cet instant. Pourtant, plus que des regrets, ce fut un profond sentiment de paix qui s'empara d'elle tandis qu'elle fermait les yeux. Elle pensa à son entrée dans ce monde, elle, l'enfant "harami" d'une pauvre villageoise, la fille non désirée, le regrettable et pitoyable accident.

mardi 4 décembre 2012

Quand Piaf rencontre Colette

Un document rare (merci Youtube) : deux monstres sacrés ensemble. l'une a chanté les mots en chansons, l'autre en a encré des pages de livres...
Deux femmes atypiques et libres auxquelles je voulais rendre hommage.

lundi 3 décembre 2012

Le Dernier Jour d'un Condamné

Hugo est un des auteurs que j'admire réellement. Il a eu une vie romanesque...Il a eu une vie d'engagements...Ses œuvres sont prolixes, les sujets variés, rien n'a jamais vraiment été tabou dans son écriture en ce qui concerne la société. Je vous laisse découvrir ou redécouvrir un extrait:

Le Dernier Jour d'un Condamné(1829):

"Condamné à mort !
Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !
Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines, j'étais un homme comme un autre homme.